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Tonic 173 - octobre 2013

Tonic 173 – octobre 2013

1 octobre 2013 à 12:00 - Aucun commentaire

Schiltigheim : Tapage nocturne : les riverains sont excédés !
Voitures électriques : Pas assez de bornes de recharge dans la région
Wingen-sur-Moder : Un bout de plastique dans le taboulé
Haguenau : La petite porteuse d’eau
Alsace : Collation punitive à l’école !
Reyersviller : Un cheval saccage une pelouse… son propriétaire n’assume pas sa responsabilité !
Rosteig : Une volte-face de 180°
Colmar : Rallye mariage !
Metting : En guerre avec son assurance
Bitschwiller-les-Thann : Constructeur fantome à Bitschwiller-les-Thann…
Thann : Huissiers, mandataires judiciaires et liquidateurs : main-basse sur les gens honnetes…
Mulhouse : Les coups volent sous la ceinture
Bettborn : Un trottoir pas pratique pour tout le monde !
Bust : Propriétaires contre locataires : la guerre du feu !
Portrait : Ralph WILLIG, Maître ramoneur
Strasbourg : Défaillances d’arracheurs de dents
Mulhouse : Licenciées de Soléa pour des arrêts maladie
Niederroedern : Coiffeur irresponsable… la cliente n’a pas les moyens de se défendre !
Benfeld : On ne lui remplace pas ses toilettes
Le vétérinaire diagnostique la mauvaise affection : Droit de réponse

DOSSIER : Le Vin en Alsace

La légitime défense

Le 11 septembre dernier un bijoutier niçois a abattu un malfaiteur. Âgé de 19 ans et déjà condamné 14 fois, celui-ci venait de braquer la bijouterie en menaçant le commerçant d’une arme et en le frappant avant de prendre la fuite en scooter.
Quelques jours plus tard, la sœur du jeune homme tué aurait prétendu que son frère n’avait sur lui que des armes factices et que le bijoutier lui aurait tiré dans le dos et l’aurait abattu comme un chien.
Bien sûr que le bijoutier a été mis en examen puisque c’est un fait… personne n’a le droit de tuer !
Pourtant, si cette sœur aussi maternelle avait proposé à son frérot de faire une partie de « T’en fait pas » au lieu de le laisser partir braquer cette bijouterie, il serait encore vivant aujourd’hui.
Mais, visiblement, tout un chacun aurait la possibilité de s’introduire dans n’importe quelle maison ou dans n’importe quel commerce sans y être invité, cagoulé et armé jusqu’aux dents, de menacer et de brutaliser l’occupant, d’emporter n’importe quel objet, de prendre tout l’argent, et ceci en toute impunité tant qu’il n’a pas vraiment décidé de commettre un crime.
Donc, le jour où vous vous faites braquer ne pensez surtout pas user de la fameuse légitime défense puisqu’il semblerait qu’elle ne peut de toute manière pas être retenue pour défendre un bien.

Donc Messieurs les malfaiteurs, profitez-en ! Agressez vos victimes tant que vos coups ne tuent pas et n’ayez surtout pas peur lorsque vous êtes pris car les peines que vous infligera la justice ne seront que fictives. De plus, si vous vous débrouillez bien (une victime qui ose riposter), vous pourrez même porter plainte pour agression physique !

En tant que victime et avant de vouloir agir pour votre défense lorsqu’un agresseur vous braque un Colt 45 sur le front, assurez-vous quand même que les quatre cas d’application de la légitime défense – Agir pour faire face à une atteinte injustifiée à son encontre. Que l’acte de défense soit nécessaire. Que les moyens de votre défense que vous comptez employer soient proportionnés à la personne ou de l’infraction en cours. Que la riposte intervienne au moment de l’agression en cours et non après – soient bien réunies. Sinon, proposez à votre agresseur le café et les « Bredele » sans oublier de lui remettre le double de la clé de votre porte d’entrée ainsi que l’agenda de vos heures de sortie… ça vous évitera de prendre des beignes la fois d’après !

Mais dans quel monde vit-on ?
Une chose est certaine ! Alors que vous êtes en train de finir la lecture de cet éditorial et si jamais vous vous décidiez à prendre du temps pour lire quelques prochains articles dans la foulée, vous ne vous prendrez aucune balle dans le dos et vous ne serez pas abattu comme un chien en essayant de vous enfuir sur un scooter ! Comme quoi… Tonic détourne des bêtises et sauve des vies !

Toute l’équipe vous souhaite bonne et agréable lecture de ce nouveau numéro !

Claude Schaeffer

Tonic 162 - Octobre 2012

Tonic 162 – Octobre 2012

1 octobre 2012 à 12:00 - Aucun commentaire

Dieffenbach-lès-woerth : Son enfant pourrait lui être retiré
Brumath : Cour du château : Le Wolf Center !
Obernai : Les rues de la ville : un paradis pour piétons et cyclistes ?
Col du Donon – Grandfontaine : Complaisant avec l’hôtelier, la commune cède un chemin rural
Lichtenberg : Des projets aux coûts pharaoniques
Colmar : Relooking avenue Foch
Schiltigheim : Jardins familiaux, rien à foot ?
Rencontre : Audrey Rose Schmitt
Baerenthal : Puanteur au camping : la commune ne réagit pas !
Fénétrange : Chasse : il étale deux bêtes d’un seul coup de fusil
Bitche : Les uns font les dettes… les autres payent !
Volksberg : Les riverains ont gagné la bataille
Haguenau : On leur fait adopter un chat malade
La walck : Liquidation d’une SCI : une magouille pour récupérer de l’argent
Colmar : Trans-Rhin-Rail
Otterswiller : Échec au roi
Beinheim : En guerre avec son avocate
Strasbourg : La maison d’arrêt de l’Elsau est-elle une zone de non-droit ?
DOSSIER : Aires d’accueil des gens du voyage – La logique du profit ?
JURIDIQUE : Les régimes matrimoniaux

Adipeux toi-même !

Cette fois c’est officiel, à moins d’un retournement de situation de l’ordre du paranormal, les barbecues et autres excentricités estivales, c’est fini. Même Hollande, pourtant si charismatique dans ses annonces (« le changement, c’est maintenant » qu’il nous disait le monsieur) n’y pourra rien. Rangez les shorts, les mini-jupes, les crèmes solaires et tout le toutim. Au placard. Circulez y’a rien à voir, faites place aux cirés, aux bottes en caoutchouc et aux pantalons en velours côtelé façon Charles Ingalls. Trop sexy je sais, mais il faut savoir vivre avec son temps et par « temps » j’entends « météo » et non « époque ». L’époque, je te l’accorde, serait plus à la jupe fendue rose bonbon, au pantalon en cuir moulant ou au slim léopard, mais pour la cueillette des champignons c’est quand même limite. Passé le mois de septembre, en Alsace, c’est pas très compliqué, tu as le choix entre manger compulsivement du chocolat en attendant que le ciel se dégage (très très risqué) ou décider d’aller à la cueillette des champignons (très très risqué aussi, surtout si tu cueilles les mauvais) quitte à mettre ton sex-appeal de côté. Ceci dit, en cherchant bien, il existe d’autres alternatives… mon mari m’en a trouvé une taillée sur mesure pour arriver au printemps de façon digne, c’est-à-dire sans devoir entamer une cure de désintox liée à une surconsommation de pralinés et autres tartiflettes. Mon cher et tendre (jusque-là) arrive un beau soir de septembre, après un repas entre amis (le dernier pris en terrasse, doudoune sur le dos et chaussettes de ski aux pieds mais fermement décidés à ne pas abdiquer face aux diktats météorologiques), vous savez, de ces repas qui vous font lâcher un « ahhhh que c’était bonnnn, miam, slurp, vivement le prochain », et me dit, tendrement (c’est pire) : « chérie, tu sais que je te trouve très belle, et je ne dirais pas que tu es grosse, non, pas du tout, tu es magnifique mais un tout petit peu adipeuse. Pour que tu te sentes bien cet hiver je t’ai fait une surprise, vingt séances d’aquabike, tu commences demain ! Alors alors ? Qu’est-ce qu’on dit à son chéri ? »
J’avale mon dessert et je me précipite sur Robert (le dictionnaire, pas mon mari) :
Adipeux/adipeuse : qui a les caractères de la graisse ou qui en contient : tissu adipeux.
ça, c’est fait. Se faire traiter d’adipeuse après 15 ans de mariage, à la veille de l’hiver, c’est moche. Qu’est-ce qu’on dit à son chéri ?! Je vais t’en donner du tissu adipeux, je vais pédaler dans l’eau jusqu’à ce que les derniers stigmates de la dernière tranche de raclette ne soient plus qu’un lointain souvenir, et je me promènerai ensuite en robe moulante. Oui monsieur, même pour aller cueillir les champignons, et tu pourras te faire cuire toi-même tes omelettes pendant que je soignerai mon adiposité avec détermination. « Allez mesdames on s’endort pas, onnnnn pédaaaaleeee, on fait bouger tout ça, debout, assise, vitesse maaaaaximuuuum, allllezz, on relâche pas l’efffort, il faut que ça tire sur les cuisses, alllllezzzz, on raffermit ses fessiers !»…
Ho hé, elle se prend pour qui la petite jeunette moulée dans son short rose fluo ? Cher lecteur, l’aquamachin ça concurrence pas une bonne choucroute, et puis ça fait des ampoules aux pieds, et puis ça donne faim, et puis on verra ça l’année prochaine non ? Petit message personnel à chéri : moi et mon adiposité on a décidé de passer l’hiver entre un reblochon et des caramels au chocolat. À bon entendeur, salut.
Pourquoi je te parle de météo, de cellulite, d’aquabike et de tartiflette alors que le monde entier s’écroule ? C’est vrai, j’aurais pu te parler de politique, de chômage, de liquidations judiciaires, de suicides, d’OGM, de maladies, de précarité. J’aurais pu te parler des gens qui crèvent de faim, des gens qui crèvent de soif, des restos du cœur bondés, des trottoirs squattés. J’aurais pu te parler de la misère, celle qu’on n’voit pas qu’à la télé, j’aurais pu te parler de l’égoïsme, de l’hypocrisie, de l’indifférence. J’aurais pu te parler de la résignation, de la soumission, de la peur. De notre résignation. De notre soumission. De nos peurs. À tous. Car en dehors des effets d’annonce et des révolutions aux bistrots du coin le samedi soir, qu’est-ce qui compte vraiment ? Notre frigo, notre compte en banque, notre emploi, notre télé, notre profil facebook, notre iphone 5, notre adiposité.
Les rapports humains, la souffrance des autres, c’est comme les régimes, c’est bien d’en parler le soir du nouvel-an, la bouche dégoulinante de petits fours et de dinde farcie.

Au menu de ce nouveau Tonic ? Un dossier consacré aux gens du voyage et un tas d’informations que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Laissons les autres attendre le soir du Nouvel An. C’est ici et maintenant que ça brûle.

S’gilt !
Alexandra Vallat

Tonic 151 – Octobre 2011

Tonic 151 – Octobre 2011

1 octobre 2011 à 12:00 - Aucun commentaire

Des cantons suisses à la rescousse de l’EN en Alsace :
Si la France était un pays «normal»…

Le jardin des senteurs de Mulhouse…
…autre exemple du syndrome mulhousien (ou la culture du gâchis

Rencontre avec…
Alain Koegler, opposant convaincu et convainquant !

Brumath :
Cour du Château

Dans ce dossier les puissants croient pouvoir bafouer les droits…

Herrlisheim :
Un illusionniste lui vide les poches

Le patrimoine industriel à Mulhouse…
…un encombrant héritage

Mulhouse :
Ras le Rallye prend de la vitesse

Colmar :
Terrain miné

Mulhouse :
Halte aux démolitions

Seppois-le-Bas :
Un joujou à 150 000 euros !

Mulhouse :
La vie selon JMB

Réding :
La peur des champs électromagnétiques

Uhlwiller :
Polution visuelle

Colmar :
Exclos 72

> NOUVEAU : 4 PAGES RÉGIONALES
>
> Pages 67 :
>
> Nehwiller
> Un village laissé pour compte
>
> Vallée de la Bruche
> Une infirmière laisse tomber sa patiente
>
> Dettwiller
> Le judo-club est sauvé !
>
> Wimmenau
> Un automobiliste indélicat
>
> Haguenau
> Plouf !

> Pages 68 :
>
> Altkirch
> Monument aux morts ou monument mort ?
>
> Hirtzbach
> Démissions massives au Football Club
>
> Ballersdorf
> Un compteur à prix d’or !
>
> Altkirch
> Les bons plans de JLR !
>
> Brunstatt
> L’ex maire se ramasse aussi au tribunal administratif

Les terres à l’envers :
L’Alsace est fière de ses agriculteurs !

DOSSIER : Espoir
Une autre idée de la fraternité

Le « Schwarzwald » : Le nouvel eldorado touristique aux portes de l’Alsace

Stosswihr – centre médical de l’Altenberg
L’UGECAM m’a « TUER » !

Strasbourg : Stationnements abusifs :
deux poids, deux mesures ?

Et l’espoir dans tout ça ?

Rien de bien nouveau sous le ciel alsacien, pas vrai ? Les politiques politiquent, les scribouillards scribouillent, les positifs positivent, les tonicoeurs toniquent, et comme tu pourras le constater, lecteur, les tonicoeurs ont encore beaucoup toniqué ce mois-ci… Bah oui c’est comme ça, tant les politiques politiqueront, les tonicoeurs toniqueront. Enfin, à vrai dire, ce sont plutôt les politiques qui toniqueront. Tu suis ? Moi-même j’ai du mal, mais je ne suis qu’une toniqueuse positive, apolitique (en ce moment vaut mieux) et scribouillarde de surcroît… le cumul de mandats me guette !
Positive, donc… oui lecteur, une toniqueuse peut l’être, même en taillant quelques costumes par-ci par-là parce qu’il faut bien en habiller certains pour l’hiver ! C’est que l’hiver est froid en Alsace, mieux vaut en prévoir quelques-uns (de costards triple épaisseur), et autant dire qu’en bons samaritains, on tient nos élus bien au chaud. Question de respect mutuel…
Cher lecteur, je te parle d’hiver alors même que j’écris cet édito sous un soleil de plomb. Tu me diras, l’été indien, c’est toujours mieux que pas d’été du tout. PO-SI-TI-VER, toujours, face aux mois de grisaille qui n’attendent que nos petites menottes congelées (décidément j’ai un problème avec les glaçons) pour se venger de ces derniers rayons de soleil. PO-SI-TI-VER face à l’adversité, face à ce verre de Pinot Noir qui se réchauffe inexorablement si tu as le malheur de ne pas le vider assez rapidement… ça demande un entraînement drastique ce genre de truc, mais je ne suis pas de celles qui se laissent dicter la température de leurs verres, ah que non ! Pas de ça ici, d’autant que dans le Sud (de l’Alsace), y’en a d’autres qui s’entraînent encore plus sévèrement que moi, c’est dire…
Si je te parle de positiver, lecteur, c’est parce que les tonicoeurs, à qui on reproche parfois de ne pas en avoir (de cœur), ont décidé pour ce numéro de faire la part belle à une association pas comme les autres. Une association qui redonne espoir et qui en porte le nom…
Espoir veut «reconnaître en tout homme, quelle que soit son origine, son histoire, ses handicaps, un être capable d’aimer et digne d’être aimé». Espoir veut «faire surgir l’amour à la place du jugement, de la haine et de la répression comme le remède universel à toutes les souffrances humaines». Il semblerait bien qu’elle y parvienne, depuis 38 ans et à la mesure de ses moyens, en dépit d’un gouvernement parfois (souvent ?) velléitaire, en dépit des embûches et des blessures que chaque être humain transporte dans ses bagages.
Si mon verre de Pinot Noir me semble si délicieux aujourd’hui (frais ou réchauffé par le soleil), c’est parce que je mesure la chance insolente qui s’offre à moi. La chance de pouvoir savourer ce verre, sur la terrasse de mon appartement, entourée des miens. La chance de savoir où et comment je vais dormir ce soir. La chance d’avoir mon frigo plein. La chance d’avoir chaud, même en plein hiver. D’autres n’ont pas cette chance, et la méritent pourtant, comme vous et moi. C’est tout le défi d’Espoir, et c’est ce que nous voulions te faire partager, lecteur, au travers des quelques pages consacrées à cette association.
Que cela ne t’empêche pas de croquer à pleines dents et sans complexes dans ce nouveau Tonic qui, rassure-toi, n’est pas tout à fait une copie conforme du monde de Oui Oui.

Bonne lecture et au mois prochain,
Alexandra Vallat

Tonic 140 octobre 2010

Tonic 140 – Octobre 2010

1 octobre 2010 à 12:00 - Aucun commentaire

DOSSIER
Maisons de retraite
Lieux de vie ou zones de fin de vie ?

Sélestat
La première dame fait l’article pour son homme !

Politique
Le lèche-cul boogie-woogie de Bockel

Dettwiller
La mort du judo

Chuchotements
Peut contenir des traces de gauche…

Mulhouse
Boycotter n’a rien d’antisémite

Rosteig
Ecole maternelle : des frais en plus pour le contribuable ?

Hôtellerie
Les pièges de la location par Internet.

Argent public
Rallye de France ou rallye de Loeb ?

Travail frontalier dans la région de Bâle
Haro sur les Français !

Politique sécuritaire
Vous avez dit « expulsions »

Sarre-Union
Bientôt une mosquée ?

Voyage dans les régions bilingues d’Europe :
Sylt (Allemagne), dans le pays frison (Nordfriesland)

Kingersheim – Richwiller
La guerre des mouches

Mulhouse
Les pieds dans le tapis de la vengeance

Zone artisanale d’Ingwiller
Les contribuables lésés ?

Puberg
Une mère indigne

Faits divers
Les histoires judiciaires dramatiques et cocasses de Me Thierry Moser

Colmar
Aux Halles citoyens !

Marche ou g…rêve !

Inutile d’avoir fait Sciences Po pour comprendre qu’en France, l’heure n’est pas vraiment à la rigolade. L’a t’elle jamais été ?
À peine arrivés les prémices de l’automne alsacien (gris, donc, pour faire simple) le pays se mobilise, se soulève, s’insurge. De magouilles politiques en dérives sécuritaires, il semblerait que la démocratie soit de moins en moins à l’ordre du jour et la pilule a bien du mal à passer. Si la plupart des médias courbent l’échine (faut bien bouffer et comme chacun sait, un journaliste ne mord jamais la main de celui qui le nourrit…), les Français (le bas peuple, la plèbe, la populasse, c’est comme vous voudrez), eux, protestent, surtout ceux qu’aucune main ne nourrit plus depuis belle lurette !
La réforme des retraites est LE sujet brûlant du moment, tout le monde est dans la rue (à la rue même, parfois) et de nouvelles journées de grève nationale sont prévues. L’hiver risque d’être chaud, si j’ose dire !
Le but ? Obtenir quelques concessions de la part d’un gouvernement qui n’a pas l’air de vouloir plier (cette fois), ramasser quelques miettes au passage, s’offrir l’espoir d’un avenir meilleur et d’une retraite si difficilement gagnée. Mais quelles solutions proposons-nous au juste pour combler à la fois le monumental déficit des retraites et satisfaire chaque Français dans ses revendications propres ? Pour satisfaire les femmes, les hommes, les jeunes, les moins jeunes, les seniors, les cadres, les ouvriers, les fonctionnaires ? Aucune solution, car aucune ne sera la bonne pour tout le monde.
Alors cette réforme, injustice sociale ou véritable volonté réformatrice pour le bien général ? Une chose est sûre, il va falloir faire (encore) des concessions, mettre (encore) le pied à l’étrier, accepter (encore) de travailler plus pour gagner moins, travailler plus longtemps, travailler plus durement, et arrêter de compter sur un système social qui n’a plus DU TOUT les reins solides.
Que les plus jeunes s’arment de courage et commencent à construire eux-mêmes ce que l’Etat ne pourra plus leur offrir : une retraite digne. Facile à dire avec une économie en berne et un chômage en constante augmentation. Et pourtant…
Nous consacrons dans ce numéro un dossier spécial aux maisons de retraite et à leur manque souvent chronique d’humanité. Quelle place pour les personnes âgées dans notre société ? Avec un coût moyen de 2 200 euros par mois (quel retraité touche une telle pension ?!), ces établissements sont pour certains de véritables mouroirs. Des prestations au rabais, du personnel à bout de souffle, des résidents privés de ce qu’il leur reste de dignité… mais les places sont rares et on se les arrache, quitte pour cela à fermer les yeux sur l’essentiel : le respect de nos aînés ! Nos aînés c’est nous, c’est vous, aujourd’hui, demain ou après-demain. Qu’allons-nous faire dans (de) cette société vieillissante ? Fermer les yeux, comme d’habitude ? Fermer les yeux par peur de l’Autre, de l’étranger, de la différence, de cette personne âgée que nous ne voulons pas devenir, de celui qui ne nous ressemble pas et à qui nous ne ressemblons pas encore ? Fermer les yeux c’est se mentir, c’est s’oublier un instant (mais combien de temps encore ?), c’est ne plus tendre la main, c’est ne penser qu’à soi et vouloir ensuite qu’on pense à nous… Fermer les yeux c’est fermer la porte, c’est vivre seul, c’est vivre mal.
Alors levons-nous, oui, manifestons, allons dans la rue, revendiquons, barricadons les chemins formatés qu’on aimerait nous faire prendre mais n’oublions pas, au passage, de penser à cet Autre qui lui aussi veut faire entendre sa voix, cet Autre qui n’attend qu’une chose, comme vous et moi, qu’on l’écoute et qu’on lui témoigne un peu d’attention, une parole, un geste, un signe d’affection. À quoi bon me direz-vous, aurez-vous plus de retraite au final ? Pas sûr, mais respecter l’autre, son identité, ses différences, c’est déjà avancer. Une goutte d’eau dans l’océan. Une goutte d’eau tout de même.

Pour vous ce nouveau numéro, tricoté main par notre petite équipe…

Toniquement vôtre,
Alexandra Vallat