Tonic 156 - Mars 2012

Tonic 156 – Mars 2012

1 mars 2012 à 12:00 - Aucun commentaire

Reichshoffen :
Son nom ne figure pas sur son acte de naissance

Bining :
L’État au pilori

Mulhouse :
La justice ne croit que ce qui est écrit

Colmar :
Miss Asia à Colmar

Femmes d’Alsace :
Pour l’égalité en politique !

19 mars 2012 :
50ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie

Niedermodern :
La gâchette facile

Nothalten :
Deux poids… deux mesures

Rencontre avec…
Jean-Paul Sorg, philosophe

Pôle métropolitain Strasbourg-Mulhouse
Nouveau gadget technocratique ?

Histoires d’ours…
Comment protéger les derniers grands espaces canadiens ?

Colmar :
Écoles mortes

PAGES RÉGIONALES 67 :

La Walck
Logée dans un appartement inhabitable
Zinswiller
75 000 euros ou… la rue !
Marmoutier
Où sont passés les gains ?
Hatten
Le fioul plus cher que le loyer


PAGES RÉGIONALES 68 :

Ensisheim
Encore une victime de ThermoSEME
Ballersdorf
Ambiance…
Altkirch
On nous aurait menti ?!
Bockel, seigneur de Haute Alsace
Seppois-le-Bas
Le joujou fait encore parler de lui

C’ « été » l’hiver…

Cher lecteur, ça fait longtemps qu’on ne s’est plus fait un tête à tête éditorial toi et moi, puisque désormais tu passes ces moments d’intimité un mois sur deux avec Claude Schaeffer qui, j’en suis sûre, a déjà fait tourner les têtes de ces dames… ça va ça va, ne vous bousculez pas mesdames, y’en aura pour tout le monde !

On est en mars, c’est bien ça ? Ouf ! on l’a échappé belle, un peu plus et le mois de février durait toute l’année. Si je t’assure. Figure-toi que j’en ai appris une bonne début février… Tiens-toi bien, je ne sais pas si tu vas supporter la nouvelle. Prêt ? Bon d’accord mais tu l’auras voulu. Eh bien, cette année – retiens la date surtout, février 2012 – il a fait froid en hiver. Je vois d’ici ta mine perplexe et tes yeux exorbités, mais c’est pourtant la stricte vérité. Tu penses bien qu’on en a parlé aux nouvelles du matin, du midi, du soir, avec des flashs spéciaux si de trop gros flocons s’abattaient sur la région… Brrrr ! ça a duré trois semaines. Trois semaines d’angoisse pendant lesquelles on se demandait si Gérard, interviewé par une chaîne de télévision, allait réussir à gratter son pare-brise avant d’aller travailler, si Marcel ne glisserait pas sur le trottoir devant chez lui et si Marguerite, interrogée le lendemain, se rappelait d’avoir eu un jour aussi froid en hiver. Trois semaines à vivre au rythme de terribles intempéries. Trois semaines à braver le froid et à attendre, grelottants, que le journal télé veuille bien nous donner son verdict cinglant : le froid s’est installé, et en plein mois de février ! Si c’est pas une honte ! Mais que fait la police ?
Voilà au moins une actualité accessible pour les journalistes, pour peu qu’on n’ait pas à se les geler trois heures dans la rue à faire des micros-trottoirs. Sinon, j’ai une solution toute trouvée, il suffit de faire ça au printemps, tu mets un peu de neige artificielle par-ci par-là, tu enfiles ta tenue de ski et tu prépares ton sujet pour les trois années à venir. Succès garanti (sauf températures tropicales en plein mois de février, mais dans ce cas arrête de mentir, tu n’es pas en Alsace !), tu feras un malheur tous les ans avec un minimum d’efforts. Audimat garanti.
Plaisanterie mise à part, évidemment on a eu froid cet hiver, peut-être un peu plus que l’année dernière, soit, mais au fond qu’est-ce qui change ? Les victimes sont toujours les mêmes, elles sont « juste » un peu plus nombreuses. Alors oui, on peut parler de météo trois fois par jour, y consacrer 25 minutes du journal et accuser ce vilain vilain vent de Sibérie de tous les maux, il n’en reste pas moins que si personne n’était à la rue, personne ne mourrait de froid, en Alsace ou ailleurs, en décembre, en janvier ou en février. Mais il est plus simple de parler du temps. Moi aussi j’aime bien parler du temps, ça ne mange pas d’pain comme dirait l’autre, et puis c’est divertissant, on en parle avec tout le monde, son voisin, sa boulangère, dans la salle d’attente du médecin… on parle moins des gens qu’on croise en allant bosser, qui dorment sur le trottoir d’en face, transis de froid. En dire quoi ? Que c’est inacceptable ? Révoltant ? Que rien que d’y penser on en a des nausées ? Et après ? Après… on fait comme tout le monde, on passe à autre chose. On ouvre son Tonic et on s’aperçoit que non, rien ne change, on prend les mêmes et on recommence… Ce mois-ci lecteur, j’ai décidé d’accorder quelques pages aux femmes. Non, je ne suis pas une chienne de garde, juste une femme. Une femme. en 2012. Une femme qui souhaite que la parité en politique ne se résume pas à un texte de loi. Une femme qui croit encore en ses rêves. Une femme comme les autres ? Peut-être. Sans doute.
Rien ne change, donc. Nous non plus. Et après ? Après… c’est le printemps. Ma saison préférée. Moi aussi je pourrais parler du temps à longueur de temps, si j’avais le temps. Le temps de penser au temps, le temps de voir défiler le temps. Le temps d’avoir du temps. Du temps pour les autres. Du temps pour mon voisin. Du temps pour ma boulangère. Cela nous permettrait de parler d’autre chose que du temps. Au printemps peut-être, quand le temps sera plus clément. Mais au printemps, profitons plutôt du temps… nous aurons tout le temps, cet hiver, de perdre notre temps.
Puisque décidément rien ne change, si nous trinquions ? Le Pinot Noir est bien meilleur au printemps.

G’sunteit !
Alexandra vallat et toute l’équipe



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