Tonic 147 - Mai 2011

Tonic 147 – Mai 2011

1 mai 2011 à 12:00 - Aucun commentaire

Bouxwiller :
Avocate… le jour et pute… la nuit

Sundgau :
Lettre ouverte et portes closes

Cantonales :
La surprise de Sarre-Union
Schiltigheim : La faute des faux écologistes

Huguette Durr :
L’Alsace au coeur

Agriculteurs :
Pieds et mains liés

Haguenau :
Quelles conditions d’accueil au centre aéré Robert Schuman ?

Mulhouse :
Des pistes cyclables bien mal enCADRées

Le printemps Sundgauvien

L’Art à Mulhouse :
Sauve qui peut !

Sarre-Union :
Concession automobile : une parole jamais tenue !

Colmar :
Parité linguistique

Mulhouse :
Bockel viré mais content, Binder condamné et furieux
La mairie se réveille au bout de sept ans

Puberg :
Prisonniers dans leur propre propriété

Colmar :
Motions nucléaires

Molsheim :
La corporation des patrons coiffeurs… hors la loi ?

Thal-Drulingen :
Rue de la Montée : on ne passe plus !

De Fukushima à Fessenheim

Saverne :
La solidarité du peuple fait plier le Conseil municipal

Batzendorf :
La sécurité en question

Allemagne :
La pénurie de main-d’œuvre guette le Pays de Bade

Schiltigheim :
Censure républicaine ?

La victoire du vandalisme :
La destruction du bloc vapeur DMC de 1812

Opinion :
Le nom des gens (film) et débat sur l’engagement politique (au cinéma de Guebwiller)

Espoir : Ou le droit à la dignité

Conflit ivoirien :
L’activisme néo-colonial de la France

François Brumbt :
L’Europe sans frontière est née dans sa chanson à Marckolsheim

Mai… mais encore ?

Cher lecteur, je te parlais le mois dernier d’un peuple japonais à l’agonie et de la dangereuse montée du Front National en France. Rien n’a changé depuis, si ce n’est ce que veulent bien nous en dire les médias. Le Japon ? Le tsunami ? Fukushima ? On n’en entend plus parler, ou si peu, comme si la détresse d’un peuple s’était évaporée dans le nuage radioactif qui planait encore sur nos têtes il y a quelques semaines. Non, rien n’a changé, la catastrophe n’en est même qu’à ses débuts et la reconstruction – si elle est possible – sera longue, lourde de conséquences et douloureuse… pour le Japon, et pour le monde entier. Mais n’en parlons plus ! TF1 a bien mieux à faire, à l’aube des présidentielles. Cirer des pompes prend du temps. Le temps de la réflexion ? Pas sûr ! Le temps de se fabriquer un Audimat, sans doute. Le Japon, la radioactivité, c’est bon, on en a assez entendu parler. Le téléspectateur (qui n’a qu’une partie de cerveau disponible) risque de se lasser de tous ces trémolos ressassés et de la dérive d’une population à des milliers de kilomètres de nos préoccupations. Le téléspectateur veut de l’info, de la vraie, celle qui se chiffre dans l’instant, celle qui se compte en nombre de morts, en sang versé, celle qui se mesure à son croustillant, à son sensationnel, à ses conséquences directes, à son influence sur notre quotidien à nous, là, maintenant, tout de suite. Ce qui se passera dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans parce qu’un tsunami a tout ravagé sur son passage, on s’en fiche éperdument. Finalement, ce qui compte c’est l’information flash, la « une » qui va faire parler mémé au café, juste après les dernières annonces météo et le mariage de Kate et William (une info comme ça, ma bonne dame, on n’en a pas tous les jours… heureusement !). À l’heure où nous mettons sous presse, les titres sympathiques ne manquent pas, il suffit de piocher au gré de ses envies et se faire son petit apéro médiatique, avant les grands agapes du soir. Au choix, « une nouvelle journée de violence meurtrière en Syrie », « avis de recherche international lancé après la tuerie de Nantes », « Vosges: un jeune homme de 20 ans tué par balles », « Nouveaux combats entre Thaïlandais et Cambodgiens », « Marie-France Pisier retrouvée morte dans la piscine de sa villa », et la nouvelle déclaration de George Tron : « On peut encore réduire le nombre de fonctionnaires » (encore un qui va se faire des tas d’amis!). Si jamais tu as quelques heures à perdre et que la recherche des nids de pâques te branche moyen, tu peux aussi faire ta petite analyse personnelle des futures présidentielles. Je te conseille de boire un petit coup en même temps, la boulette passera mieux. Tiens, puisqu’on parle des présidentielles, Carlita serait enceinte… Comment ça, ça n’a rien à voir avec les élections ? Au contraire, cette nouvelle est même au centre du débat, Sarkozy joue là sa dernière carte, après avoir épuisé toutes ses cartouches politiques. Un bébé… enfin un programme qui va émouvoir des électeurs désabusés, désespérés, résignés ? De quoi faire verser une larmichette à la ménagère de moins de cinquante ans et au « bonus pater familias ». Bien joué l’artiste, mais pas sûr qu’un petit chérubin (aussi mignon soit-il… pourvu qu’il tienne de sa mère) puisse faire passer aux Français le goût amer (bière) des cinq dernières années.
J’ai beau me la dorer tranquillement au soleil en ce beau lundi de pâques, me gaver de chocolats en lisant les conseils de Montignac (Maigrir en mangeant… en voilà un mec bien!), j’ai beau me dire qu’on est bien en France, avec notre mutuelle et les indemnités de la CAF , j’ai beau me dire qu’on pourrait vivre un véritable cauchemar (habiter aux Etats-Unis par exemple), j’ai beau me dire que le bonheur est là, en ce début du mois de mai, juste entre mes doigts de pied en éventail et le bout de ma tong rose bonbon, mais…
Mais je viens d’acheter mon kilo d’asperges à 7 euro, ma baguette à 1,20 euro, et demain, il faudra faire le plein de ma merveilleuse automobile rouge (une Seat Ibiza de 1998, je ne te dis que ça… un vrai bijou) pour la modique somme de 65 euro, avant d’aller bosser. Alors Nicolas et Carla peuvent bien essayer de nous faire un petit machin joufflu et mignon comme tout et patati et patata, ça ne me donnera pas vraiment envie de rempiler pour cinq ans. Et toi ?
Bon, c’est pas tout mais je vais me les faire cuire, ces asperges, et ne compte pas sur moi pour oublier la mayo. Bon appétit lecteur, et savoure à ta guise ce nouveau Tonic qui ne suit ni l’inflation ni les effets de mode.
Alexandra vallat



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