Tonic 146 - Avril 2011

Tonic 146 – Avril 2011

1 avril 2011 à 12:18 - Aucun commentaire

Mulhouse :
Mobilisation citoyenne contre le nouveau plan de circulation dans la Vieille Ville

Niederschaeffolsheim :
Droit de réponse

Ingwiller :
Droit de réponse

Lambach :
Le tribunal administratif annule une délibération du Conseil municipal

Il y a cent ans, l’Alsace autonome :
31 mai 1911 : la constitution d’Alsace-Lorraine

Mulhouse :
Chuchotements mulhousiens

Colmar :
Un petit coin de Colmar

Le Sundgau :
À la prochaine intersection, allez droit dans le mur !

Otterswiller :
De Seppele und de Dorfdodel

Au parc de Wesserling :
On a brisé le maître verrier

Brunstatt :
À force de porter plainte, l’ex maire s’en ramasse une

Lemberg :
La fontaine de la discorde

Haguenau :
Les espaces verts en danger ?

Alsaciens d’ailleurs :
Une Alsacienne à Nantes

Petite enfance :
Pas de bébés à la consigne !

Rittershoffen :
Vétérinaire hors de cause !

Haguenau :
Adrexo : les salariés exploités

Droit de réponse :
Merxheim

Jean-Marie Stoerkel :
Journaliste, écrivain, homme de cœur

Schiltigheim :
Les Verts Nuisands

Mulhouse :
Carnaval (ou kermesse) ?

Fessenheim :
La politique de l’autruche

J’aime pas le bleu marine

Le moins qu’on puisse dire est que les sujets d’actualité ne manquent pas. Plus de marronniers ou de reportages cucul la praline pour remplir un 20h souvent pathétique, histoire de donner à manger aux millions de téléspectateurs qui se pressent devant leur écran chaque soir pour leur rendez-vous avec l’information. Plus de rubriques people, culinaire, animalière pour combler le vide sidéral dans lequel nous projettent souvent les journaux télévisés. Mais après mûre réflexion, on l’aime bien, non, le vide sidéral ? Personnellement, ça ne me dérange pas de faire une analyse détaillée du string rose à paillettes de Lady Gaga ou d’alimenter un débat sur la reproduction des poulpes en milieu non salin (ce qui revient au même), plutôt que d’apprendre chaque soir une nouvelle catastrophe. Une catastrophe, une vraie, de celles qui vous ravagent un pays tout entier, de celles qu’on inscrit dans les livres d’histoire et qu’on raconte ensuite à des millions d’écoliers, de celles qui nous éloignent, pour quelques jours au moins, de notre égo, de nos bobos, et des problèmes existentiels qu’on se fabrique chaque jour pour se sentir exister. Quand l’impensable, quand l’impossible anéantit tout un territoire en quelques minutes. Quand des familles entières sont ensevelies sous les gravats. Quand on scrute, la bouche grimaçante et le regard couard, ces naufragés d’une rare pudeur essayer de vivre encore, de vivre un peu, malgré la peur, malgré la menace, notre petit nombril nous semble bien loin du centre du monde. Mais pour combien de temps encore ? Le temps de quelques JT, le temps qu’on n’en parle plus, le temps que les médias mettront à tourner la page et à parler d’autre chose. Mais parler de quoi au juste ? De notre Président du pouvoir d’achat (on est encore morts de rire) ? De l’explosion des prix ? De l’arrivée en force du Front National ? Dans la série « Je suis blonde et je m’assume », j’ai bien plus d’amitié pour Eve Angeli. C’est dire…
Une chanson de Noir Désir s’impose à moi aujourd’hui, comme si je l’entendais pour la première fois. Quinze ans et pas une ride :

Au bistrot comme toujours
Il y a de beaux discours
Au poteau les pourris, les corrompus aussi
Dents blanches et carnassiers
Mais à la première occasion
Chacun deviendrait le larron
De la foire au pognon oui qui se trame ici
Allez danse avec Johnny

Se rappellent de la France
Ont des réminiscences
De l’ordre, des jeux, de l’essence
Quand on vivait mieux
Il y avait Paul et Mickey
On pouvait discuter mais c’est Mickey
Qui a gagné
D’accord, n’en parlons plus

Un autre jour en France
Des prières pour l’audience
Et quelques fascisants autour de 15%
Charlie défends-moi !
C’est le temps des menaces
On a pas le choix pile en face
Et aujourd’hui, je jure que rien n’se passe
Toujours un peu plus

F.N. souffrance
Qu’on est bien en France
C’est l’heure de changer la monnaie
On devrait encore imprimer le rêve de l’égalité
On n’devra jamais supprimer celui de la fraternité
Restent des pointillés…

C’est le temps des menaces contre lesquelles on nous promet de nous protéger, à grands coups de discours démagos et retournages de vestes en tous genres. La menace arrive à grands pas, dans son habit bleu marine. C’est démodé le bleu marine. C’est délavé, passé d’âge, essoré maintes fois dans la même machine, avec le même linge sale. L’avenir est ailleurs. L’avenir est là où on construit. L’avenir est là où on partage, où on s’ouvre à l’autre. L’avenir est dans le regard des Japonais qui reconstruiront, à force de courage, un palais sur des décombres.

Oui lecteur, j’aurais pu te parler des asperges à venir, des tartes à la rhubarbe et de Pinot Noir, mais le cœur n’y était pas. Je te laisse à la lecture de ce nouveau TONIC qui lui, n’en manque pas (de cœur, pas de Pinot Noir !).

Amitiés de toute l’équipe,
Alexandra Vallat



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