Tonic 142 - Décembre 2010

Tonic 142 – Décembre 2010

1 décembre 2010 à 11:52 - Aucun commentaire

Ingwiller
Le terrain de la zone artisanale : suite et fin

Loi Besson
Encore plus bravo à Émile Blessig

Dingsheim / Griesheim-sur-Souffel
Le cadavre a failli tuer la femme de ménage

ThermoSEME
La répression des fraudes pose un lapin

Wouf !
L’Alsace vaut bien un vrai ministre, Mulhouse ne vaut plus un strapontin

Eschbourg
Le fauteuil roulant ne marchait pas !

Des fonds européens pour les langues minoritaires

Orschwihr
Droit de réponse

Sarre-Union
Trompée par sa meilleure amie

Hoenheim
Un ticket de tram à 28,50 euro !

Philippe Richert au Gouvernement :
TONIC vous l’avait annoncé dès le mois de juin !

JMB
La complainte d’un courtisan déchu

Wingen-sur-Moder
La boîte aux lettres est revenue !

Humeur
Je n’aime pas les semaines qui viennent…

À vos marques…

Bining (Lorraine)
Maire ou monarque : bataille pour un terrain

Mosquée à Sarre-Union
Humour et Islam sont-ils compatibles ?

Kingersheim – Richwiller
Des méthodes d’élevage indignes et cruelles

Langues régionales en France
L’intolérance perdure !

Colmar
Les cigognes

Les trois vies de Fred Muller
L’enseignement, le restaurant solidaire et le théâtre

Ca sent le sapin

On perd Noël.

Et le Père perd la boule en va-et-vient grotesques
Dans les rayons de la mort du grand hypermarché.

On perd Noël…
L’œil du gamin blasé scrute les têtes de gondoles.
Jardin tragique du merveilleux.
Toute cette diversité qui assassine le choix…

On perd Noël.
C’est la fête avant l’heure.
Fête à Papa Maman que le gosse enguirlande
Quand ils n’ont pas le sou…

On perd Noël.
Réveillon programmé.
Les cadeaux sans surprise aux papiers bariolés
Entament un tour de piste à l’Obsolète Circus…

On perd Noël
Et le ciel se pourvoit en cassation.
Et le Père perd la boule, prend perpette, fond en l’âme
Et s’endort…
Christian Décamps (Ange)

Cher lecteur, nous voilà en décembre. Fini de faire le malin en string léopard sur les plages alsaciennes (mais si y’a des plages en Alsace, espèce de rabat joie !), cheveux au vent et l’œil brillant. Oublies tes bonnes résolutions de janvier et tes régimes hyperprotéinés de l’été. L’heure est aux tables bien garnies, aux dindes farcies (pas toi, belle-maman), aux vins d’Alsace, aux fromages coulants et autres complices de notre cholestérol.

L’Alsace, terre de traditions, berceau des marchés de Noël où le monde entier se presse. L’Alsace dans son habit de lumière, insolente de beauté sous son manteau blanc, fait rêver les petits et les grands aux quatre coins du monde…

Malheureusement, les jolies petites cabanes aux senteurs de vin chaud, qui faisaient alors la part belle à l’artisanat local, font place depuis quelques années à des étalages de bouffe standardisée, à des munsters industriels, des bijoux made in China et autres produits dénaturés. Véritable vache à lait, le touriste paie plein pot les dérives mercantiles d’un Noël alsacien surmarketé, sans goût, sans odeur, sans saveur…

Strasbourg, où se déversent pourtant des bus entiers de visiteurs, devient le symbole même de cette course au profit. Marcher en file indienne dans des ruelles bondées, manger des tartes flambées insipides accompagnées de vin chaud translucide, voilà à quoi ressemble désormais la période de l’avent, pourtant si riche de sens et porteuse d’espoir.

Où sont passées les spécificités que tout le monde nous envie ?

Particulièrement attachée aux traditions, aux fêtes familiales, aux Noëls de mon enfance, ça fait quelques années que je ne m’aventure plus à faire découvrir à mes invités le marché de Noël strasbourgeois, si loin des valeurs et de la chaleur que j’espère encore trouver dans ces microcosmes.

Rassure-toi lecteur, je n’ai pas viré vieille bique aigrie et tout n’est pas tout noir sous ce manteau blanc. Certains petits villages ont gardé cet esprit de Noël tant attendu, cette ambiance chaleureuse, intimiste, les odeurs de bredele, le goût épicé du vin chaud, ces petits jouets en bois fabriqués maison et cette âme, par essence immatérielle, qui ne s’explique que par le ressenti.

Il serait regrettable que la féerie de Noël laisse place aux seuls enjeux commerciaux des multinationales du jouet et autres cadeaux high-tech. Il serait regrettable que les messages publicitaires de Noël envahissent nos boîtes aux lettres dès le mois de juillet sous couvert de marché concurrentiel et de rentabilité. Il serait regrettable de manger des maennele en septembre parce que les enjeux économiques prennent le pas sur nos traditions. Il serait regrettable que les jolies poupées et les petites voitures déposées dans la botte du père Noël soient remplacées par des bons d’achat Darty, des écrans plats et autres consoles de jeux.

Il serait regrettable de ne plus voir des étoiles dans les yeux de nos enfants.

Il serait regrettable d’avoir des regrets…

Méfiez-vous des contrefaçons et
Joyeux Noël à tous
Alexandra Vallat



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