Tonic 140 octobre 2010

Tonic 140 – Octobre 2010

1 octobre 2010 à 12:00 - Aucun commentaire

DOSSIER
Maisons de retraite
Lieux de vie ou zones de fin de vie ?

Sélestat
La première dame fait l’article pour son homme !

Politique
Le lèche-cul boogie-woogie de Bockel

Dettwiller
La mort du judo

Chuchotements
Peut contenir des traces de gauche…

Mulhouse
Boycotter n’a rien d’antisémite

Rosteig
Ecole maternelle : des frais en plus pour le contribuable ?

Hôtellerie
Les pièges de la location par Internet.

Argent public
Rallye de France ou rallye de Loeb ?

Travail frontalier dans la région de Bâle
Haro sur les Français !

Politique sécuritaire
Vous avez dit « expulsions »

Sarre-Union
Bientôt une mosquée ?

Voyage dans les régions bilingues d’Europe :
Sylt (Allemagne), dans le pays frison (Nordfriesland)

Kingersheim – Richwiller
La guerre des mouches

Mulhouse
Les pieds dans le tapis de la vengeance

Zone artisanale d’Ingwiller
Les contribuables lésés ?

Puberg
Une mère indigne

Faits divers
Les histoires judiciaires dramatiques et cocasses de Me Thierry Moser

Colmar
Aux Halles citoyens !

Marche ou g…rêve !

Inutile d’avoir fait Sciences Po pour comprendre qu’en France, l’heure n’est pas vraiment à la rigolade. L’a t’elle jamais été ?
À peine arrivés les prémices de l’automne alsacien (gris, donc, pour faire simple) le pays se mobilise, se soulève, s’insurge. De magouilles politiques en dérives sécuritaires, il semblerait que la démocratie soit de moins en moins à l’ordre du jour et la pilule a bien du mal à passer. Si la plupart des médias courbent l’échine (faut bien bouffer et comme chacun sait, un journaliste ne mord jamais la main de celui qui le nourrit…), les Français (le bas peuple, la plèbe, la populasse, c’est comme vous voudrez), eux, protestent, surtout ceux qu’aucune main ne nourrit plus depuis belle lurette !
La réforme des retraites est LE sujet brûlant du moment, tout le monde est dans la rue (à la rue même, parfois) et de nouvelles journées de grève nationale sont prévues. L’hiver risque d’être chaud, si j’ose dire !
Le but ? Obtenir quelques concessions de la part d’un gouvernement qui n’a pas l’air de vouloir plier (cette fois), ramasser quelques miettes au passage, s’offrir l’espoir d’un avenir meilleur et d’une retraite si difficilement gagnée. Mais quelles solutions proposons-nous au juste pour combler à la fois le monumental déficit des retraites et satisfaire chaque Français dans ses revendications propres ? Pour satisfaire les femmes, les hommes, les jeunes, les moins jeunes, les seniors, les cadres, les ouvriers, les fonctionnaires ? Aucune solution, car aucune ne sera la bonne pour tout le monde.
Alors cette réforme, injustice sociale ou véritable volonté réformatrice pour le bien général ? Une chose est sûre, il va falloir faire (encore) des concessions, mettre (encore) le pied à l’étrier, accepter (encore) de travailler plus pour gagner moins, travailler plus longtemps, travailler plus durement, et arrêter de compter sur un système social qui n’a plus DU TOUT les reins solides.
Que les plus jeunes s’arment de courage et commencent à construire eux-mêmes ce que l’Etat ne pourra plus leur offrir : une retraite digne. Facile à dire avec une économie en berne et un chômage en constante augmentation. Et pourtant…
Nous consacrons dans ce numéro un dossier spécial aux maisons de retraite et à leur manque souvent chronique d’humanité. Quelle place pour les personnes âgées dans notre société ? Avec un coût moyen de 2 200 euros par mois (quel retraité touche une telle pension ?!), ces établissements sont pour certains de véritables mouroirs. Des prestations au rabais, du personnel à bout de souffle, des résidents privés de ce qu’il leur reste de dignité… mais les places sont rares et on se les arrache, quitte pour cela à fermer les yeux sur l’essentiel : le respect de nos aînés ! Nos aînés c’est nous, c’est vous, aujourd’hui, demain ou après-demain. Qu’allons-nous faire dans (de) cette société vieillissante ? Fermer les yeux, comme d’habitude ? Fermer les yeux par peur de l’Autre, de l’étranger, de la différence, de cette personne âgée que nous ne voulons pas devenir, de celui qui ne nous ressemble pas et à qui nous ne ressemblons pas encore ? Fermer les yeux c’est se mentir, c’est s’oublier un instant (mais combien de temps encore ?), c’est ne plus tendre la main, c’est ne penser qu’à soi et vouloir ensuite qu’on pense à nous… Fermer les yeux c’est fermer la porte, c’est vivre seul, c’est vivre mal.
Alors levons-nous, oui, manifestons, allons dans la rue, revendiquons, barricadons les chemins formatés qu’on aimerait nous faire prendre mais n’oublions pas, au passage, de penser à cet Autre qui lui aussi veut faire entendre sa voix, cet Autre qui n’attend qu’une chose, comme vous et moi, qu’on l’écoute et qu’on lui témoigne un peu d’attention, une parole, un geste, un signe d’affection. À quoi bon me direz-vous, aurez-vous plus de retraite au final ? Pas sûr, mais respecter l’autre, son identité, ses différences, c’est déjà avancer. Une goutte d’eau dans l’océan. Une goutte d’eau tout de même.

Pour vous ce nouveau numéro, tricoté main par notre petite équipe…

Toniquement vôtre,
Alexandra Vallat



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