Tonic 137 - Juin 2010

Tonic 137 – Juin 2010

1 juin 2010 à 12:00 - Aucun commentaire

Brunstatt
Un glissement de terrain affecte la carrière

Beinheim
Agression d’un garde-pêche

Gries
Tremblement de terre !

Sarre-Union
Pris en flagrant délit

À la tienne !
Le racket des bourrés

Football
À quand une équipe d’Alsace ?

Sélestat
Ville d’art, d’histoire et d’effet d’annonce

Wingen-sur-Moder… ou presque !
Un “Heilig” pas trop saint

Mulhouse
Jean Grimont aura une vraie rue

Wimmenau
Pollution sauvage

Strasbourg
Objets perdus aux objets trouvés

Mulhouse
La guerre des commerces aura-t-elle lieu ?

Pays de la Petite Pierre
Service donné… service… pas rendu !

Richert prend du galon ?

Habsheim
Les Mulhousiens indésirables à la piscine bobo-chic

Concessions automobiles
Où sont les vendeurs ?

La CGT attaque Binder

À force de marcher sur la tête,
il va finir par nous pousser des pattes !

Huningue
36 ans pour divorcer

Wingen sur Moder
Plus de boîte aux lettres !

Vendenheim
Par jalousie, le voisin devient : « malade imaginaire »

Altkirch
Plouf

Mulhouse
Un débat sur le bilinguisme traduit une belle unanimité au Conseil municipal de Mulhouse

Commémoration
Des Bleuets pour Sarkozy

Saâles
Village vert

Mulhouse
Jean Rottner sait-il faire un bon café ?

Chuchotements mulhousiens

Solidarité
SCHELTERBOX : une nouvelle action phare du ROTARY

Mulhouse
Faut pas prendre les électeurs mulhousiens pour des cons

Je m’aime toi non plus

Avec l’arrivée de l’été (on y croit), viennent les bonnes odeurs de barbecues, le farniente en terrasse et les apéros… En ce moment, la mode est aux apéros géants organisés par Facebook. Une arrivée en fanfare pour une fin prématurée, avec la mort d’un jeune homme à Nantes, tombé d’un pont avec plus de deux grammes d’alcool dans le sang à la suite d’un de ces rassemblements. Les médias se déchaînent, Facebook est pointé du doigt et vas-y que je te sorte l’artillerie lourde, des psychologues, des sociologues spécialisés en nouvelles technologies, tout ça pour en arriver à une conclusion innovante, déconcertante, un véritable scoop : les jeunes boivent de l’alcool et se déchaînent lorsqu’ils se retrouvent pour un apéro… Wouatch ça m’en bouche un coin ! Il semble pourtant que depuis la nuit des temps, chaque être humain sait se mettre en danger comme un grand sans l’aide d’Internet, d’un livre, d’un film ou d’un concert de Marilyn Manson. Je me rappelle d’apéros à rallonge plutôt mouvementés dans ma jeunesse (il y a un siècle et demi environ) sans facebook, où le diabolo menthe ne coulait pas à flots, sans que l’on nous ait incité à la débauche ou poussé au vice.
Qu’importe, c’est à nouveau l’occasion d’ouvrir grand les parapluies et d’en appeler au principe de précaution, au contrôle, au flicage, d’encadrer et de sécuriser le périmètre. Restez chez vous pour vous alcooliser et tuez-vous sur votre balcon, ça fera moins désordre ! Le couperet tombe, désormais ces rencontres devront être encadrées par la police et se dérouler sans alcool, youhou, tout de suite on se bouscule moins au portillon, c’est bizarre. Pourtant, personne ne s’indigne autant des rassemblements après les matchs de foot, qui finissent pour certains en véritables orgies, la casse en plus ! ça doit être pour la bonne cause, sport national oblige.
Non, vous n’avez pas devant vous une inconditionnelle de Facebook, que je n’utilise qu’à dose homéopathique. Au contraire, le terme pompeux de « réseau social » est parfaitement oxymorique. Je parlerais plutôt de « réseau de nombrils » où chacun, tel narcisse, admire son image et se plaît à la renvoyer aux autres avec une stupéfiante impudeur. Sous couvert de partage et d’échanges, on raconte sa journée, on parle de ses humeurs, on informe ses « amis » (drôle de terme, là encore…) de ses bobos, de quel soutien gorge on a mis aujourd’hui et de quel slip on emmènera en week-end demain pour l’anniversaire de mamama. Quel fabuleux reluiseur d’ego (oui madame, moi aussi j’ai le droit d’inventer des mots) à l’heure où on se sent comme un mouton mollasse, diminué au rang de travailleur laborieux dans un monde en crise. Eh oui, rester planté sur facebook, c’est moins cher que d’aller boire un verre entre amis (les vrais), où tu vas payer au bas mot 3 euros ta bière ! Et une bière c’est quoi, 20 minutes dans une soirée, pas rentable le truc. Eh oui, plus que jamais, le temps c’est de l’argent, ou peut-être que gagner de l’argent prend plus de temps, ouais ça doit être ça… Et si en plus on veut donner un euro pour une association histoire de se donner bonne conscience et pouvoir partir à Palavas les Flots l’esprit tranquille, tu vois le truc, faut économiser mon gars. Bref, c’est quand même ballot, alors que ce « réseau social » virtuel veut sortir de derrière ses écrans pour boire un coup, badaboum, c’est la claque, le scandale, on remballe tout et on se remet à son ordi pour partager des histoires passionnantes de crèmes anti-rides et de kilos en trop. Remarquez, c’est la saison, va bientôt falloir se mettre en maillot et être plus beau que son voisin de plage. Pas gagné. Du calme, je parle pour moi.
Alors Facebook, véritable outil de communication ou arme de destruction massive des rapports humains ? À chacun de se faire son cocktail… sans alcool.
Nous, notre cocktail détonant c’est Tonic, on fait le forcing alors même que la presse écrite se vautre lamentablement dans les bas-fonds de la crise financière. On sait que tu seras là, lecteur, pour nous lire, entre deux bières ou entre deux blogs, qu’importe, car les liens qui nous unissent n’ont, eux, rien de virtuel.

Alexandra Vallat



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